PLUME-JOANA-GOMES

A propos de l'auteure

Joana Gomes est une autrice qui avance entre les lignes comme d'autres marchent entre les mondes. Diplômée en psychologie, elle connaît les secrets que les émotions murmurent à voix basse, ceux que l'on croit avoir oubliés — mais qui continuent de veiller dans l'ombre. Collaboratrice chez Livros e Leituras (Portugal), elle évolue au cœur des livres comme on traverse une forêt ancienne : avec respect, fascination… et un certain pressentiment.

L'écriture s'est invitée dans sa vie bien avant qu'elle ne comprenne son pouvoir. À seulement 10 ans, Joana noircissait des pages comme si quelque chose, quelque part, cherchait à prendre forme à travers elle. Ce n'était pas un choix. C'était une nécessité. Une présence. Peut‑être un langage qu'elle seule savait entendre.

Aujourd'hui, ses textes portent cette empreinte singulière : une lumière discrète au fond des ténèbres, un chuchotement qui éveille des sentiments que l'on croyait endormis. Chaque histoire est une porte entrouverte, chaque personnage semble cacher un secret, et chaque phrase invite le lecteur à regarder un peu plus loin que ce qui est écrit.

Joana ne cherche ni la gloire ni le bruit.
Elle préfère les chemins discrets, les vérités qui se dévoilent lentement, les émotions que l'on approche comme un mystère. Elle écrit comme on tend la main vers une ombre familière — avec prudence, avec intensité, avec une intuition presque ancienne.

Ses œuvres ne se lisent pas seulement.
Elles se ressentent, comme un frisson, une question, ou le souvenir de quelque chose que l'on ne sait pas nommer.

 

Ça a commencé comme un passe-temps...

Toute petite, je me cachais dans un coin près de la fenêtre, ou sous mon lit, pour lire ou écrire.
Là, dans ces refuges minuscules,
le monde devenait soudain immense.
Les pages s'ouvraient comme des portes secrètes,
et les mots glissaient entre mes doigts
comme des lucioles qu'on tente d'apprivoiser.

Je n'étais jamais vraiment seule.
Les histoires chuchotaient dans l'air,
les personnages se penchaient à l'ombre des rideaux,
et la lumière du jour traçait sur mes cahiers
des chemins que je suivais sans réfléchir.

C'était là, dans ces lieux cachés,
que je découvris le pouvoir silencieux des mots :
ils savaient consoler,
inspirer,
et parfois même guérir.

Et aujourd'hui encore,
quand j'ouvre un livre ou que j'en écris un,
je sens la même magie—
celle de l'enfant que j'étais,
qui croyait que chaque phrase
pouvait changer un morceau du monde.